• Patricia Jaïs

Le temple de l'âme - Texte de Maurice Magre


Comme l'empereur Akbar*, je suis allé prier dans la mosquée d'Agra. Mais les colonnes sous les ogives des coupoles étaient comme des files de pélerins coiffés de dentelles de pierre qui cheminent et chuchotent et ne se mettent pas à genoux.


Comme l'empereur Akbar, je suis allé prier dans le temple des Brahmanes. Mais on y respirait l'odeur suffocante des bûchers voisins. Les divinités étaient trop nombreuses. Ganesha agitait sa trompe et Siva déployait tellement de bras que j'ai eu peur d'être saisi avant d'avoir terminé ma prière à Dieu.



Comme l'empereur Akbar, je suis allé prier au milieu des Parsis. Mais le feu sacré avait toujours l'air de s'éteindre. J'étais enveloppé par l'ombre immense d'Ahriman et les Yatus avec leur corps pareil à celui des chauves-souris frissonnaient autour de moi et faisaient un bruit d'ailes feutrées.


Maurice Magre, Le livre des lotus entr'ouverts

Comme l'empereur Akbar, je suis allé prier dans l'Eglise catholique des religieux portugais. Mais de la tour s'est élevée une musique de cloches et je suis ressorti pour voir quelles étaient ces hirondelles de bronze qui faisaient ce bruit en s'envolant à travers l'azur.



Comme l'empereur Akbar, je suis allé prier dans la Synagogue des juifs. Mais quand on m'a présenté le livre de la Thora, j'ai lu tant de caractères mystérieux que j'ai été comme un homme perdu dans une forêt millénaire et que j'ai reculé devant l'énigme des cosmogonies.


Comme l'empereur Akbar, je me suis assis dans le temple intérieur de l'âme. Là, il n'y a ni livre, ni colonnes, ni statues, ni feu sacré, ni harmonie de cloches. Aucune fenêtre ne s'ouvre sur le monde des hommes, et cependant j'ai été illuminé par la pure lumière de la vérité.



* L'empereur Akbar entrait indifféremment pour prier dans les églises,

les mosquées ou les temples. Il tenta d'unifier les religions et il pensait

que le vrai Dieu est en nous.


L'empereur Akbar (14 octobre 1542 - 27 octobre 1605) dirigea l'Empire moghol

de 1556 jusqu'en 1605. Il est généralement considéré comme le plus grand Moghol.

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Inspiration

Sans pardon, la vie est gouvernée par un parcours sans fin de ressentiment et de vengeance.
Roberto Assagioli

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Nous nous sommes endormis dans un monde et nous nous sommes réveillés dans un autre.  
Soudain, Disney n'a plus de magie, Paris n'est plus romantique, New York ne reste plus debout, le mur chinois n'est plus une forteresse, et la Mecque est vidée.... Londres ne boursicote plus.

Les câlins et les bisous deviennent soudainement des armes et le fait de ne pas rendre visite aux parents et aux amis devient un acte d'amour.  

Soudain, vous avez réalisé que le pouvoir, la beauté, l'argent ne valaient rien et ne pouvaient pas vous procurer l'oxygène pour lequel vous vous battiez.

Le Monde continue sa vie et il est magnifique ; il ne met en cage que les humains. Je pense qu'il nous envoie un message :
"Vous n'êtes pas indispensables. L'air, la terre, l'eau et le ciel sans vous vont bien. Et même mieux. Quand vous reviendrez, rappelez-vous que vous êtes mes invités... Pas mes maîtres."

Auteur inconnu

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