• Patricia Jaïs

Le Maître et l'Elève - Conte indien

Quand Rutajit* eut quinze ans, ses parents l'envoyèrent auprès d'un grand Maître pour en recueillir les enseignements.

Chaque jour, ils se retrouvaient à l'aube dans le temple et Rutajit questionnait. C'était ainsi. Le Maître enseignait,

Rutajit questionnait. Un matin, le jeune homme dit:

- Maître comment savoir qui je suis ?

Le Maître lui sourit avec bienveillance, sembla réfléchir et répondit:

- Pour savoir qui tu es, tu dois être fort. Va, découvre le monde et cherche qui tu es.



L'élève quitta le temple et partit chercher la force. Au bout d'un an, il revint et clama :

- Maître, je suis fort.

Et pour le montrer, il rangea des troncs d'arbres énormes qui avaient été coupés. Il en fit un tas en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

- C'est bien, lui dit le Maître. Tu es fort. Mais pour vraiment savoir qui tu es, tu dois être intelligent aussi. Va, découvre le monde et cherche qui tu es.



L'élève quitta le temple et partit chercher l'intelligence. Au bout de deux ans, il revint et clama :

- Maître, je suis intelligent.

- Bien, répond le Maître. Prends ce livre.

Et il lui tendit un livre épais et difficile à comprendre.

- Reviens m'en parler dans trois heures, ajouta-t-il.

L'élève quitta le Maître et s'installa contre un arbre pour lire le livre. Il revint au bout de trois heures et ils parlèrent ensemble de ce livre d'égal à égal, toute la nuit.



Au matin, le Maître s'adressa à l'élève ainsi :

- Tu penses peut-être savoir qui tu es... mais le sais-tu vraiment? tu es fort, tu es intelligent... c'est bien... mais pour savoir qui tu es, tu dois également être sensible. Va, découvre le monde et cherche qui tu es.

L'élève repartit de par le monde pour trouver la sensibilité et pendant trois ans, il la chercha. Il revint enfin auprès de son Maître après toutes ces années.



- Maître, je suis sensible !

- C'est bien, répond le Maître, tu es fort, intelligent, sensible ... mais pour vraiment savoir qui tu es, tu dois être rigoureux...

Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase. L'élève, pour la première fois, lui coupa la parole et s'exclama :

- Non, non et non, cela suffit ! Je suis qui je suis !

Le visage du Maître se fendit alors d'un large sourire bienveillant.


- Je n'ai plus rien à t'apprendre. Va ton chemin et suis bien le tien.



* Rutajit veut dire "conquérant de la vérité"



Conte recueilli par Magali Frachon


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Inspiration

Sans pardon, la vie est gouvernée par un parcours sans fin de ressentiment et de vengeance.
Roberto Assagioli

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Nous nous sommes endormis dans un monde et nous nous sommes réveillés dans un autre.  
Soudain, Disney n'a plus de magie, Paris n'est plus romantique, New York ne reste plus debout, le mur chinois n'est plus une forteresse, et la Mecque est vidée.... Londres ne boursicote plus.

Les câlins et les bisous deviennent soudainement des armes et le fait de ne pas rendre visite aux parents et aux amis devient un acte d'amour.  

Soudain, vous avez réalisé que le pouvoir, la beauté, l'argent ne valaient rien et ne pouvaient pas vous procurer l'oxygène pour lequel vous vous battiez.

Le Monde continue sa vie et il est magnifique ; il ne met en cage que les humains. Je pense qu'il nous envoie un message :
"Vous n'êtes pas indispensables. L'air, la terre, l'eau et le ciel sans vous vont bien. Et même mieux. Quand vous reviendrez, rappelez-vous que vous êtes mes invités... Pas mes maîtres."

Auteur inconnu

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